Juin / Juni 2016

Juifs. Humoristes. Jeunesse dansante. Homosexuels. Représentants de l’Etat.
Rien remarqué ?

Après les meurtres à Toulouse auprès d’une école juive, en Mars 2012, les représentants de la communauté juive en France nous mettaient en garde contre les forces à l’œuvre. On leur répondit que le meurtrier était probablement un « loup solitaire ».

Après les attentats de janvier et encore en novembre 2015, certains dont moi, éprouvaient le besoin de contrer l’islamophobie galopante. Je rappelai alors que les meurtriers étaient eux aussi, des enfants de la République, trop souvent mal aimés par elle, et je rappelai que les émeutes en 2005 avaient été sociales autant que raciales. Quand le Premier Ministre prononça le mot de « apartheid sociale », j’acquiesçais.

Ces jours-ci, Daëch a assumé publiquement les meurtres en Floride, et dans les Yvelines. Publiquement assumé le meurtre d’une mère en présence de son enfant. Nous apercevons ce que vivent les populations sous le régime direct de ce pouvoir.

Une nouvelle image s’impose à moi.

Les cibles se dégagent clairement: les juifs, les intellectuels, les jeunes non-embrigadés, les homosexuels, les représentants de l’Etat. Citons aussi la minorité chrétienne en Moyen –Orient : pour l’Allemande que je suis, les images des années 1920 et 1930 dans mon pays sautent aux yeux. .

Oui il faut appeler islamo-fascisme cette variante actuelle de méthodes bien connues. Il ne s’agit pas de forcer, par la terreur, la négociation pour des buts précis, nationaux p.ex. (Algérie, Palestine, Pays Basque, Irlande…). Il s’agit d’attaquer un modèle de civilisation, en le réduisant à ses erreurs, en se servant des victimes de ses contradictions internes et de tout élément instable, auxquels on fait miroiter en contre-projet un régime parfaitement ordonné. Totalitaire.

Pour nous, la tâche est double.

Œuvrer pour une société vraiment libre, donc un Etat de droit, et pour une société ouvrant de vraies chances à chacun.

N’accepter nulle insinuation de compréhension, nulle justification, nul espace intellectuel pour des penchants totalitaires, ou des appels directs ou indirects à la haine.

On pourrait croire cette tâche simple. Hier 14 juin 2016, j’ai mesuré à quel point elle est difficile. Un grand rassemblement syndical national n’a pas été en mesure de proposer une minute de silence pour deux policiers assassinés « au nom de Daëch » la veille. N’est-on plus capable de distinguer entre la critique de certaines pratiques policières, et le meurtre de policiers ?

La révolte peut-elle embrasser une haine mortifère ?

Il est vrai que dans tous les lieux et toutes couches sociales, des tabous de la violence sous toutes ses formes ont été rompus. Or, notre projet de civilisation ne sera défendu et défendable que si nous les retrouvons. Et donc le Premier Ministre a raison quand il parle d’une tâche pour une génération entière. Mais elle concerne toutes les générations et tout le monde.

Mascha Join-Lambert

Juden. Satiriker. Tanzende Jugend. Homosexuelle. Vertreter der öffentlichen Ordnung.
Was aufgefallen?

Im März 2012, nach einem Angriff auf eine jüdische Schule in Toulouse, warnten die jüdischen Gemeinden vor den Kräften am Werk. Man antwortete, hier sei ein „einsamer Wolf „ unterwegs gewesen.

Nach den Attentaten im Januar und auch noch im November 2015 glaubten Einige, auch ich, der allgemeinen Vorverurteilung der muslimischen Mitbürger entgegenhalten zu müssen. Ich erinnerte daran, dass die Täter Kinder der französischen Republik waren, und zwar zu oft ungeliebte. Der Premierminister sprach das Wort „soziale Apartheid“ aus. Mit Recht.

In den letzten Tagen unterschrieb „IS“ die Morde in Florida und in den Yvelines bei Paris. Unterschrieb öffentlich den Mord an einer Mutter im Beisein ihres Kindes. Wir ahnen, was die direkt unter dieser Macht lebenden Bevölkerungen durchzittern.

Nun springt mir ein anderes Bild ins Auge. Juden, Satiriker, Jugend, die sich amüsiert, Vertreter des Staates – das ist uns Deutschen doch nur zu bekannt, nicht wahr? Im Mittleren Orient gehören auch Christen zu den „Minderheiten“ im Visier des –

– Islamo-Faschismus, wie wir ruhig diese Variante altbekannter Methoden nennen dürfen.

Es geht nicht um bestimmte Ziele wie zB. die Unabhängigkeit eines Landes, für die der Terror Verhandlungen erzwingen will. (Algerien, Palästina, Baskenland, Irland…) Es geht um Zerstörung eines Zivilisationsentwurfes. Dafür bedient man sich dessen Schwachstellen und der Opfer seiner inneren Widersprüche, sowie labiler Menschen, denen ein durch und durch geordneter, eben totalitärer, Gegenentwurf, vorgegaukelt wird.

Also ist die Aufgabe doppelt:

an einer echt freien, heißt rechtsstaatlichen, und offenen (darf man dies Wort noch zitieren?), heißt chancenreichen, Gesellschaft wirken.

Verständnis Null, Rechtfertigung Null, Raum Null, für totalitäre Ansichten und direkte oder indirekte Hassaufrufe zulassen.

Was uns nach den RAF-Jahren selbstverständlich erschien, steht heute als fast unerreichbar da. Am 14. Juni hatte in Paris eine traditionsreiche Gewerkschaft mehr als hunderttausend Bürger zu sozialen Protesten versammelt: sie organisierte keine Schweigeminute für die beiden am Vorabend ermordeten Polizisten. Daran mag man die Verhärtung aller Fronten ablesen. Können wir nicht mehr unterscheiden zwischen Kritik an polizeilichen Ausschreitungen und Mordaufruf? Darf Protest mit Hass schmusen?

Überall und in allen sozialen Schichten sind die Hemmschwellen zu Gewalt in all in ihren Formen plattgemacht. Diese Beobachtung führt uns zwar zu einem anderen Thema, erhellt aber, warum die genannte Aufgabe als Arbeit „für eine Generation“ (nochmals der französische Premier) vor uns liegt. Eine Aufgabe, die allerdings allen Generationen gilt.

Mascha Join-Lambert