Mars / März 2016

Le 6 Mars 2016
L’anneau de Jeanne d’Arc et le principe de Barbapapa

« La Grèce n’est pas un camp d’âmes mortes  » dit Alexis Tsipras.
Espérons.
Pour l’instant, toutes les frontières fermées et toutes les questions ouvertes….

Mais le chemin que prend l’Europe toute entière semble parfois mener vers un camp d’âmes mortes.

Rappelez-vous le „selfie d’Angie“ avec des migrants.
Aujourd’hui, Donald Tusk supplie les peuples de partout : « Restez chez vous ! »
(Il n’ajoute point : « L’Europe aider vos pays », ni « Nous ne vous oublions pas » .
Il se peut qu’il le pense. Mais il ne le dit pas. )
Depuis les larges sourires avec la chancelière, en septembre dernier
Aux bouches cousues de quelques réfugiés désespérés, aujourd’hui.

Depuis la grande bonne volonté des Allemands.
(Tout le monde enseigne la langue. Deux-mille réfugiés à la Philharmonie, écouter Beethoven. Qui trouve à redire, « la ferme ».)
Au cynisme des Français.
(Reconnaissance pudique que « Angela Merkel a sauvé l’honneur de l’Europe » ;
Dérision de la « presque-Nobel-de-la-paix » par le Premier Ministre.)
Car n’oubliez jamais :
L’Unique et Universelle Protectrice des Droits, c’est la République Française.

Depuis la panique devant l’Islam
À la demande de la Turquie d’abolir les visas vers l’UE pour ses ressortissants,
Comme contrepartie de son aide à retenir les réfugiés.
Depuis le « Brexit » à l’Ouest pour écarter « l’unité toujours plus étroite » au sein de l’UE,
À la colère, à l’Est et ailleurs, contre « l’UE allemande ».

°°°

Depuis longtemps, les contrats ont perdu leur primat.
Au début de la crise en 2008, l’Allemagne a essayé de sortir les traités de Maastricht de leur coffre. (« No bail out »). Trop tard, tout était mité. Depuis belle lurette les dirigeants français (Chirac…) et allemands (Schröder) avaient ridiculisé les règles du pacte de stabilité et donc miné la force des contrats.

Aujourd’hui on nous a présenté le Deal grâce auquel le UK, peut-être, acceptera de rester membre de l’UE. Pas de révision de contrats – et on s’en vante même- un accord, « interprétatif », des règles suspendues pendant quelques années. Le Premier Britannique n’a même pas jugé nécessaire de se présenter devant le Parlement Européen.
C’est vider de manière aussi pragmatique que définitive l’UE de sa substance, quelle que soit la décision des Britanniques : dorénavant, son contenu sera à la carte et à qui fait le mieux chanter les autres.

De manière définitive, la confiance est perdue.
De tous envers tous.
Quand on appelle l’accord avec le Royaume Uni un „paquet de réformes“,
Quand les Autrichiens ferment leur frontière et les Allemands prétendent qu’ils ne cherchent à divertir de leurs propres problèmes,
Quand les Turques demandent l’abolition des visas et qu’on les fait attendre pour tenir au calme l’opinion publique européenne,
Quand la France prise de peurs dit Oui mais fait Non face aux réfugiés,

Tous ces exemples ne donnent qu’une petite idée des voiles qui embrument nos vues, y compris celles de nos élus.

Je propose
Que Martin Schulz et tous les parlementaires européens,
par refus, rentrent chez eux,
Non – pas chez eux,
Mais aillent dans nos pays-membres parler avec les citoyens.
 

Il en sortirait du neuf :
Car « naturellement » les citoyens veulent vivre en voisinage paisible,
De grands nombres veulent se montrer prompts à l’aide,
« naturellement » des générations entières vivent et pensent en Européens.
Mais tous demandent de l’auto-détermination, de la reconnaissance, de pouvoir vivre, avec des perspectives d’espoir.

Il faudrait un peu de temps à nos Etats et à nos sociétés, pour se retrouver.
Pour élaborer des volontés politiques, indépendamment des contraintes de la monnaie unique,
Pour coopérer entre eux et non pas être réduits à appliquer des décisions « unanimes ».
En somme, on devrait pouvoir un peu « souffler » en Europe.
Utopie du désespoir ?

°°°

Pour finir, deux modestes suggestions.

Première suggestion :
La France vient de récupérer l’anneau de Jeanne d’Arc. Félicitations à la famille visionnaire qui l’a ramené au pays. Au moins les Français, maintenant, peuvent-ils « sit back », respirer, et laisser partir des British, faire ce qu’ils veulent…

Deuxième suggestion:
S’inspirer des Barbapapas. Laisser faire la Barbamaman de l’Europe qui essaie de garder « la famille » ensemble coûte que coûte… en se mettant dans tous ses états et prenant n’importe quelle forme.
Seulement : Chez les Barbapapas cela fonctionne, car tout au fond de chacun d’eux règne la joie de vivre.

Malheureusement je suis à court de suggestion pour d’autres cas de figure.

Mascha Join-Lambert

A lire :

In: « Les Echos“ Paris, 22 février 2016: Point de Vue de Sylvie Goulard, MEP
« L’accord sur le brexit, un déni de démocratie »

In: FAZ, Frankfurt/M., 1er Mars 2016, Serie „Zerfällt Europa 3“, „ Die Utopie vom Leben jenseits der Grenze“, von Ivan Krastev, Sofia (original en anglais)

6. März 2016
Prinzip Barbapapa

Griechenland sei „kein Lager der verlorenen Seelen“
sagte Ministerpräsident Tsipras in Athen. Wir hoffen.

Wohin aber tippelt sich Europa ?

Von „Angie’s Selfie mit Einreisenden“
zum Flehensruf von Donald Tusk „ Bleiben Sie zuhause“.
Er fügt nicht hinzu: „Europa wird Ihrem Land helfen“, oder „Wir vergessen Euch nicht“.
Er sagt: ich mag nimmer, ich kann nimmer.
Ein paar Flüchtlinge nähen sich die Münder zu.

Vom emsigen guten Willen der Deutschen,
(Alle unterrichten Deutsch, Flüchtlinge in die Philharmonie, Alles Übrige „hält Klappe“)
Zum Zynismus der Franzosen.
(Schamvolle Anerkennung, Angela Merkel habe die Ehre Europas gerettet,
Spott vom Premierminister über die „Beinahe-Friedensnobelpreisträgerin“)
Denn vergeßt nie:
die Einzige und Universelle Rechtshüterin ist die Französische Republik.

Von der Panik vor dem Islam,
zur Forderung aus Ankara nach „ Visafreiheit für türkische Bürger“
als Preis für Hilfe .
Vom Brexit im Westen gegen die „immer größere Einheit“ in der EU,
zur Wut im Osten und überall gegen die „EU unter Deutschland“.

°°°

Längst verloren ist das Primat der Verträge.
Zu Beginn der Wirtschaftskrisen 2008 versuchte Deutschland, die Maastricht-regeln aus der Klamottenkiste zu holen („no bail-out“). Zu spät! Schon längst hatten die Franzosen und die Deutschen die Regeln des Stabilitätspaktes lächerlich gemacht, wir hören noch, Chirac, Schröder… Heute lesen wir die Angebote, um die Briten zu halten. Eine Abmachung, an den Verträgen vorbei („interpretatif“, auf bestimmte Zeit ausgesetzte Regeln), am Parlament vorbei, vor dem der britische Premier gar nicht antrat.

Restlos verloren ist das Vertrauen.
Unter Allen. Wenn die Abmachung mit den Briten ein „Reformpaket „ genannt wird, dann ist das nur das jüngste Beispiel ununterbrochener Verschleierung.

Was tun hier die lebendigen Seelen?

Ich finde,
Martin Schulz und das gesamte Parlament sollten nach hause gehen.
Nein, nicht nach hause.
Sondern überall mit Bürgern diskutieren gehen.

Denn es käme etwas Neues dabei heraus:
denn „natürlich“ wollen die Bürger friedlich zusammenleben.
Sehr Viele wollen sich hilfreich zeigen.
Ganz natürlich sind ganze Generationen längst Europäer geworden.
Alle aber wollen Selbstbestimmung. Wertschätzung. Auskommen. Sichere Zukunft.

Unsere Staaten und Gesellschaften müssen zu sich kommen dürfen.
Und Zeit finden. Wissen, was sie wollen, ohne Druck des Geldes.
Und kooperieren, nicht um gemeinsame Beschlüsse feilschen.

Ruhe und Zeit aber läßt der Druck von außen und von innen nicht zu.
Deshalb gibt es eben doch keine Alternative: die Europäer müssen den Karren aus dem Dreck fahren, nach dem so menschlichen und zärtlichen Prinzip der „Familie Barbapapa“   . ….wobei sich jeder mal ganz groß, mal ganz klein machen darf….mal Haus, mal Weg, mal Auto sein darf, mal sich schleppen lassen darf…..

°°°

Halt! Da ist noch was:

der Ring von Johanna von Orléans
ist zurück in Frankreich.
Nach 600 Jahren aus London heimgeholt.
Nun können die Briten gehen, wohin sie wollen….

Mascha Join-Lambert.

 

Lesenswert:
in: « Les Echos“ Paris, 22.Februar 2016: Point de Vue de Sylvie Goulard, MEP
« L’accord sur le brexit, un déni de démocratie »

In FAZ, Frankfurt/M., 1.März. 2016, Serie „Zerfällt Europa 3“, „ Die Utopie vom Leben jenseits der Grenze“, von Ivan Krastev, Bulgarien